Bettina Hoffmann

(Canada + Allemagne)

Bettina Hoffmann

Les photographies et les œuvres vidéo de Bettina Hoffmann explorent la tension entre mouvement et immobilité pour créer des ambiances narratives proches du suspense. La narrativité y est souvent minimale et, assez étrangement, elle ne relève pas d’une action mais de sa suspension, capable de créer un état d’attente et d’anticipation. Dans ses deux vidéos récentes Décalage (2007) et Momentum (2006), malgré le mouvement de la caméra, les corps apparaissent figés dans des dynamiques sociales qui suscitent l’ambiguïté.

Bettina Hoffmann
Née à Berlin, Allemagne, en 1964
Vit et travaille à Montréal, Canada
www.bettinahoffmann.net

Les installations, vidéos et photographies de Bettina Hoffmann représentent des narrations équivoques, des moments flottants et des zones nébuleuses de l’échange social. Les contextes apparemment intimes figurés par ses images acquièrent une présence déconcertante et fortement embarrassante dès lors que leur signification reste obscure. Dans Affaires infinies (1997), les photomontages dépeignent la figure de l’artiste comme plusieurs personnages en interaction. Cela pourrait être interprété comme une réflexion sur la complexité de l’identité, mais cette signification demeure visiblement indéfinie. Les éléments ambigus de l’oeuvre de Bettina Hoffmann créent une tension qui déstabilise la position du regardeur et engendre une spéculation sur le sens. Les relations sociales normatives font effectivement ici l’objet d’une remise en question. Dans Maître et Chien (2001) et La Soirée (2002), le regardeur assiste à une manipulation de la dynamique humaine qui met à nu l’absurdité et la fragilité du comportement régi par la culture. Sweets (2004) amène à se questionner sur le tour inhabituellement sérieux et pervers donné aux descriptions d’enfants. Les photographies s’offrent comme des énigmes qui figurent ces moments imperceptibles où apparemment rien n’arrive, mais où tout est possible. Tout comme La Ronde (2005), Décalage (2007) s’appuie sur la tension narrative du suspense en adoptant un point de vue voyeuriste. Le regardeur a l’impression que la caméra l’implique dans un moment intime partagé par les sujets. Le mouvement de rotation illustre de manière métaphorique l’éternel engrenage social dans lequel nous enferment nos habitudes et nos attentes.

 

DAZIBAO, CENTRE DE PHOTOGRAPHIES ACTUELLES
4001 BERRI, ESPACE 202
T: 514.845.0063

[07 SEPT. – 06 OCT. 2007]
VERNISSAGE ET LANCEMENT DU NUMÈRO 15 DU MAGAZINE PREFIX PHOTO SAMEDI 08 SEPTEMBRE 2007 À 19 H
MARDI AU SAMEDI DE 12 H À 17 H

ARTISTES